Un record mondial porté par les technologies bas carbone
Selon le rapport World Energy Investment 2025 publié le 5 juin par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les investissements mondiaux dans l’énergie atteindront 3 300 milliards de dollars en 2025, un niveau historique en hausse de 10 % par rapport à 2024.
Près de 2 200 milliards USD, soit 67 % de ce total, seront consacrés aux technologies bas carbone : solaire photovoltaïque, nucléaire, batteries de stockage, hydrogène vert, réseaux électriques et efficacité énergétique.
Cette dynamique est stimulée par les politiques industrielles ambitieuses, les préoccupations liées à la sécurité énergétique et la compétitivité croissante des solutions électrifiées.
L’Afrique, grande absente des investissements dans la transition énergétique mondiale
Malgré ses besoins croissants et ses ressources naturelles abondantes, l’Afrique ne capte que 2 % des investissements mondiaux dans les énergies propres, alors qu’elle représente 20 % de la population mondiale.
L’AIE souligne une chute d’un tiers des investissements énergétiques sur le continent au cours de la dernière décennie, principalement due au recul des investissements dans les énergies fossiles et à une croissance trop lente du financement des projets verts. L’agence appelle à une mobilisation accrue des fonds publics internationaux pour débloquer les financements privés.
Sous-investissement chronique dans les réseaux électriques
Autre point critique : les réseaux de transport et de distribution d’électricité n’attirent que 400 milliards USD d’investissements, un montant jugé insuffisant par l’AIE.
L’organisation insiste sur le fait que la sécurité énergétique mondiale nécessite un alignement des investissements entre production et réseaux électriques d’ici 2030 — un objectif encore hors de portée dans la trajectoire actuelle.
Solaire et Chine en tête des priorités
Le solaire photovoltaïque devrait recevoir à lui seul 450 milliards USD, confirmant son rôle moteur dans la transition. Côté géopolitique, la Chine conserve sa position de leader, avec des investissements énergétiques supérieurs à ceux de l’Union européenne, et presque équivalents à ceux combinés de l’UE et des États-Unis.
Une transition à deux vitesses
Malgré cette envolée globale des financements verts, l’AIE et d’autres analystes, comme Wood Mackenzie, alertent sur la persistance des déséquilibres. Ceux-ci touchent à la fois la répartition géographique des financements et les infrastructures nécessaires pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.
Selon WoodMac, 3 500 milliards USD d’investissements annuels seraient nécessaires à l’échelle mondiale pour atteindre les objectifs climatiques. L’écart reste considérable.


