Dans un contexte de sous-investissement chronique, le Fonds pour l’énergie durable en Afrique (SEFA) mise sur l’assistance technique pour renforcer les réseaux électriques et accélérer la transition énergétique.
Le financement des réseaux électriques en Afrique reste un frein majeur à l’électrification du continent et à l’intégration des énergies renouvelables. Pour lever les verrous en amont, la Banque africaine de développement (BAD), via son Fonds pour l’énergie durable en Afrique (SEFA), a annoncé le 4 juin 2025 une subvention de 6,3 millions USD dédiée à l’assistance technique dans les projets de transport et de distribution d’électricité.
Une réponse ciblée à la faiblesse de la préparation des projets
Cette subvention vise à soutenir :
- La préparation de projets bancables en partenariat public-privé (PPP) ;
- Le financement d’études de faisabilité, d’analyses de risques et de modélisations financières ;
- L’amélioration de la qualité des projets pour attirer des capitaux privés.
L’objectif final est de mobiliser au moins 600 millions USD d’investissements privés dans les infrastructures de transport et de distribution électrique, pierre angulaire d’un accès universel à l’énergie.
Une action stratégique pour la transition énergétique
Cette nouvelle initiative s’inscrit dans le cadre de l’Alliance pour les infrastructures vertes en Afrique (AGIA), et appuie l’initiative Mission 300, qui ambitionne de raccorder 300 millions d’Africains au réseau électrique d’ici 2030.
Le financement des réseaux électriques en Afrique est aujourd’hui insuffisant pour répondre à la demande croissante. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les pertes de réseau atteignent en moyenne 15 % en Afrique, soit plus du double de la moyenne mondiale. Ces pertes nuisent à la fiabilité des services électriques et limitent l’intégration du solaire et de l’éolien.
Lever les freins à l’investissement privé
D’après l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), le déficit de financement dans la phase de préparation des projets demeure l’un des principaux obstacles à la bancabilité des infrastructures énergétiques en Afrique. C’est pourquoi les mécanismes d’assistance technique comme ceux du SEFA sont jugés essentiels pour faire progresser les projets vers la phase d’investissement.
Une opportunité pour une électrification verte et inclusive
En structurant mieux les projets dès l’amont, le SEFA veut stimuler des projets d’extension du réseau, faciliter l’arrivée d’investisseurs privés et accélérer l’intégration des énergies renouvelables dans les systèmes électriques africains. Bien que les pays bénéficiaires n’aient pas encore été précisés, l’impact potentiel sur le terrain est significatif, en particulier dans les régions sous-desservies.


