Zambie : le virage solaire s’accélère pour réduire la dépendance à l’hydroélectricité

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Face à la vulnérabilité croissante de son système électrique dominé par l’hydroélectricité, la Zambie engage une diversification accélérée de son mix énergétique. À travers une série de projets solaires structurants lancés fin 2025 et début 2026, le pays amorce une transition progressive vers un modèle plus résilient.

Un système électrique sous pression climatique

Longtemps considérée comme un atout, la forte dépendance de la Zambie à l’hydroélectricité apparaît aujourd’hui comme un facteur de fragilité. Avec près de 90 % de sa production électrique issue de cette source en 2023, selon l’Agence internationale de l’énergie, le pays reste fortement exposé aux aléas climatiques, notamment aux épisodes de sécheresse qui affectent les niveaux des barrages.

Dans ce contexte, la diversification du mix énergétique devient une priorité stratégique. Et c’est le solaire, abondant et de plus en plus compétitif, qui s’impose comme le principal levier de transformation.

Une accélération marquée des investissements solaires

La fin de l’année 2025 marque un tournant. Le 17 décembre, les autorités zambiennes ont lancé la construction de la centrale photovoltaïque de Siavonga, d’une capacité de 100 MW pour un investissement estimé à 80 millions de dollars.

Développé par la compagnie nationale ZESCO Limited, via sa coentreprise JIGSCO Energy Corporation Limited, ce projet associe des partenaires privés et industriels internationaux, dont Jigsaw Investments et Power China en tant que contractant EPC. Sa mise en service est prévue pour fin 2026.

À peine deux jours plus tard, un second projet de même envergure, Chisamba Phase II (100 MW), entrait en phase de construction, confirmant la volonté des autorités d’inscrire cette dynamique dans la durée.

Des résultats opérationnels déjà visibles sur le terrain

Au-delà des annonces, les premiers impacts commencent à se matérialiser. À Mansa, dans la province de Luapula, les tests de pré-commissioning d’une centrale solaire de 50 MW ont permis d’injecter environ 14 MW dans le réseau dès début 2026.

Cette capacité dépasse la demande de pointe locale estimée à 9 MW, contribuant à réduire significativement le délestage en journée, notamment à Mansa et partiellement à Kasama. La mise en service complète de l’installation est attendue en avril 2026.

Ce type de résultats illustre le rôle du solaire comme solution rapide et modulaire pour répondre aux déficits énergétiques locaux.

Une stratégie territoriale au cœur du dispositif

L’expansion solaire ne se limite pas aux zones périphériques. Elle s’étend également à la province du Sud, cœur historique de la production hydroélectrique du pays.

Début décembre 2025, les autorités ont lancé plusieurs projets structurants : une centrale de 100 MW à Chirundu, une autre de 35 MW à Choma, ainsi qu’une ligne de transmission de 330 kV destinée à renforcer l’évacuation de l’électricité produite.

Ces projets sont situés à proximité des grands barrages de Kafue Gorge Upper, Kafue Gorge Lower et Kariba North Bank, piliers du système électrique national. Ce positionnement traduit une logique d’hybridation du mix énergétique, combinant infrastructures existantes et nouvelles capacités renouvelables.

Vers un système électrique plus résilient

Au-delà de la multiplication des projets, c’est une transformation structurelle qui s’amorce. En diversifiant ses sources de production, la Zambie cherche à réduire sa dépendance aux cycles hydrologiques et à renforcer la stabilité de son réseau.

Le solaire offre plusieurs avantages dans ce contexte : rapidité de déploiement, modularité, et coûts en baisse. Mais son intégration à grande échelle pose également des défis, notamment en matière de gestion de l’intermittence et de renforcement des réseaux de transport.

Un modèle de transition énergétique pour l’Afrique australe ?

La trajectoire engagée par la Zambie pourrait faire école dans une région où de nombreux pays présentent des profils énergétiques similaires, fortement dépendants de l’hydroélectricité.

En combinant investissements publics, partenariats privés et infrastructures de réseau, le pays pose les bases d’un modèle hybride, capable d’articuler sécurité énergétique et transition bas carbone.

Reste à confirmer la capacité à maintenir ce rythme d’investissement et à structurer durablement les projets pour attirer davantage de financements, notamment internationaux.

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