Le WWF tire la sonnette d’alarme : 26 % des espèces de poissons d’eau douce recensées en Afrique sont aujourd’hui menacées d’extinction. En cause : la surpêche, la pollution, la destruction des habitats, les espèces invasives et le changement climatique.
Dans son rapport publié le 11 juillet 2025, intitulé « Africa’s forgotten fishes… », l’ONG souligne que cette crise écologique compromet directement la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance de millions de personnes et la résilience climatique du continent.
Avec plus de 3 millions de tonnes de poissons d’eau douce pêchées chaque année, l’Afrique représente près de 30 % des captures mondiales. Douze de ses pays figurent parmi les 25 premiers producteurs mondiaux, avec une consommation par habitant dépassant celle de l’Asie. Ces ressources sont vitales, notamment pour les communautés rurales et les pays enclavés.
Mais la biodiversité aquatique s’effondre. Le tilapia du lac Malawi a décliné de 94 %, et certaines espèces du bassin du Zambèze ont chuté de 90 %. Le réchauffement climatique, l’urbanisation incontrôlée et l’usage de techniques de pêche destructrices aggravent la situation.
Face à l’urgence, le WWF propose un plan de relance en six axes :
- restaurer les flux naturels des rivières,
- retirer les barrages obsolètes,
- améliorer la qualité de l’eau,
- protéger les habitats et les espèces clés,
- lutter contre la surexploitation,
- et contrôler les espèces exotiques envahissantes.
Le rapport met aussi en lumière des initiatives communautaires prometteuses, notamment en Tanzanie, Zambie et Namibie, ainsi que des engagements politiques comme le Freshwater Challenge, soutenu par 20 pays africains.
Pour le WWF, il est encore temps d’agir. Sauver les poissons d’eau douce, c’est préserver bien plus que la biodiversité : c’est défendre un pilier essentiel du développement humain et économique en Afrique.


