L’urgence d’une transition énergétique en Afrique
Le continent africain subit déjà les conséquences du changement climatique : sécheresses plus fréquentes, inondations, dégradation des sols. Dans le même temps, sa consommation d’électricité augmente rapidement. Pour répondre à cette double contrainte, l’Afrique doit repenser son modèle énergétique et réduire sa dépendance aux énergies fossiles.
Des richesses naturelles sous-exploitées
Avec un fort ensoleillement et un potentiel éolien considérable, l’Afrique dispose de ressources renouvelables uniques. Elles offrent une opportunité historique : produire localement une énergie propre qui réduit l’empreinte carbone du continent, tout en limitant les déséquilibres environnementaux liés au charbon, au gaz ou au pétrole.
Des principes « nature positive » pour guider la transition
L’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) recommande six principes de planification « nature positive ». Ils s’appliquent particulièrement au contexte africain, où il faut à la fois élargir l’accès à l’électricité et préserver des écosystèmes fragiles.
1. Planification intégrée des sites
Croiser les données environnementales, sociales et énergétiques permet d’identifier des zones à fort potentiel tout en évitant les territoires sensibles, qu’ils soient naturels ou culturels.
2. Co-utilisation des espaces existants
Développer des projets sur des terres agricoles, friches industrielles ou plans d’eau limite l’artificialisation des sols. Exemple au Maroc : la centrale solaire flottante d’Oued Rmel (13 MW) alimente le port de Tanger Med et réduit l’évaporation de l’eau en période de sécheresse.
Au Mali et en Gambie, le projet APV-MaGa combine agriculture et énergie solaire. Les panneaux produisent de l’électricité tout en protégeant les cultures de la chaleur.
3. Restaurer et adapter les sites
Chaque projet doit éviter les dommages irréversibles. Cela implique la restauration des zones exploitées, la compensation des impacts et l’adaptation aux dynamiques naturelles. La modernisation des centrales existantes constitue aussi une alternative efficace pour accroître la production sans ouvrir de nouveaux sites.
4. Impliquer les communautés locales
L’acceptation sociale est clé pour la durabilité. En Sierra Leone, la loi impose le consentement libre, préalable et éclairé avant tout projet industriel. Cette règle favorise la participation des populations et renforce la légitimité des projets.
Une opportunité pour inspirer le monde
Si l’Afrique réussit à déployer massivement ses énergies renouvelables dans le respect de la nature et des populations, elle pourra non seulement combler son déficit énergétique, mais aussi offrir un modèle de transition durable aux autres régions du monde.


