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Rupture entre le Tchad & African Parks : les modèles de gestion partagée en question

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Le gouvernement tchadien a mis fin, le 6 octobre, à son partenariat avec African Parks, l’organisation internationale de conservation dont le prince Harry siège au conseil d’administration.

Cette décision marque un tournant dans la gouvernance des aires protégées africaines et relance le débat sur les limites des modèles de gestion partagée entre États et ONG internationales.

Quinze ans de coopération autour de la biodiversité sahélienne

Signé il y a une quinzaine d’années, l’accord liait le Tchad à African Parks pour la gestion conjointe de deux zones emblématiques :

  • La Réserve naturelle et culturelle de l’Ennedi, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO ;
  • Le complexe écologique du Grand Zakouma, qui regroupe les parcs nationaux de Zakouma et de Siniaka-Minia.

Ces sites étaient considérés comme des vitrines de la coopération entre l’État tchadien et ses partenaires internationaux pour la préservation de la faune et des paysages sahéliens.

Des tensions croissantes entre N’Djamena et l’ONG

Selon une correspondance officielle du ministère tchadien de l’Environnement, les autorités reprochent à African Parks un manque de coopération, une attitude jugée irrespectueuse envers les institutions nationales et une inefficacité face à la recrudescence du braconnage.

L’organisation, de son côté, affirme avoir « entamé des discussions avec le ministère afin de comprendre la position du gouvernement et d’examiner la meilleure manière de poursuivre la protection de ces paysages essentiels ».

Un malaise plus large autour de la gouvernance des parcs africains

Cette rupture n’est pas un cas isolé. D’autres pays africains ont exprimé des réserves sur la manière dont African Parks gère ses projets. Au Congo, par exemple, l’ONG a reconnu cette année des « incidents » impliquant son personnel, sans publier le rapport d’enquête commandé à la suite de ces faits.

Fondée en 2000, African Parks gère aujourd’hui plus de 20 millions d’hectares d’aires protégées dans douze pays africains. Mais la fin du partenariat avec le Tchad pose une question clé :
➡️ Les États africains peuvent-ils désormais assurer seuls la gestion durable de leurs parcs et réserves ?

Enjeu de souveraineté écologique

Au-delà du cas tchadien, cette affaire illustre une tension récurrente : la recherche d’un équilibre entre soutien international et affirmation des capacités nationales.
Pour beaucoup d’observateurs, la véritable résilience des aires protégées africaines dépendra de la capacité des États à assumer pleinement la gouvernance de leur patrimoine naturel — tout en bâtissant de nouveaux modèles de coopération plus équitables.

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